Première nuit sous les étoiles…Plusieurs années ont passés depuis la dernière fois ou j’ai vraiment regardé ces lueurs dans le ciel…Je n’ai jamais appris les vrais constellations. Mon maître disait qu’il était beaucoup plus amusant de s’inventer nos propres formes dans les cieux. Certaines nuits, nous les passions étendus sur le dos dans le jardin, et il me racontais les légendes des guerriers d’autrefois, se servant des étoiles pour recréer des batailles…
Comme Li-Yen qui avec sa lance d’argent a tenu en échec les 2000 guerriers du royaume des morts venu prendre sa femme, ou Chen Zen qui, après avoir parcouru le labyrinthe de la montagne sacré, trouva l’épée de jade et pu alors sauver son peuple du tyran qui l’oppressait. Ou Meikyo, qui réunifia son pays, divisé par ses frères d’arme devenu la proie du démon Mashaan.
Tous ces hommes…De simple mortel, ils sont devenu des légendes, que quelques maîtres murmures à leurs élèves pour leur inspirer du courage…Quand je regarde toutes ces batailles épiques, qui se déroulent devant moi sur l’écran du ciel nocturne, je vois à quel point je ne suis qu’un moustique insignifiant. Que vais-je réellement accomplir? Je sais que je vais tout faire pour être à la hauteur, mais je sais au fond de moi-même que je ne pourrais jamais atteindre la force de mes ennemis.
Peut-être qu’elle a raison finalement. Je n’ai jamais été très intelligent…Je suis naif, et je laisse toujours mes émotions prendre le dessus…
Elle dit que je suis idiot. Stupide. Ça ne me dérangeais pas vraiment, avant…Je savais que c’étais un mécanisme de défense, parce qu’elle voulais éviter de se rapprocher de moi. Mais depuis que j’ai la conviction qu’elle m’a acceptée, j’ai l’impression qu’elle le pense vraiment. Et cet acharnement à me le rappeler…
Pfff…..Oh ça ne va pas bien dans ma petite tête…J’ai l’impression que je me bat continuellement contre une ombre, sur le bord d’un précipice sans fond…
Et mes forces commencent à s’épuiser…
J’ai l’impression d’avoir fait un pas de géant avec Yasmina, mais en même temps je suis extrèmement confus sur sa façon de me percevoir. J’ai l’impression qu’elle l’est autant sinon plus que moi. Il y a comme un malaise constant quand je suis en sa présence…Comme si elle ne voulais vraiment pas que je m’approche d’elle. Pourtant elle me laisse la toucher, la prendre dans ses bras…
En plus, comment croit t’elle que j’ai pris le fait de la voir mourir, encore une fois…Toutes les souffrances de ma vie ne peuvent se comparer a ceux que je ressent quand elle passe près de me quitter à jamais…Et c’est la deuxième fois qu’elle meurt devant moi. Je ne pouvais simplement pas lâcher sa cape. Ça m’a pris tout le contrôle qu’en tant que guerrier j’ai réussi à acquérir pour le faire.
C’est étrange…Elle m’a demandé de lui parler de ma formation. Hum… Je ne me suis jamais autant ouvert de ma vie sur mon passé…Et elle ne m’avais jamais posé de questions avant aujourd’hui. Ça ne fait que rajouter de la confusion dans mon esprit. Mon coeur est clair sur comment je la perçois, quand je la prend dans mes bras, même si elle ne réagis pas (ni en bien ni en mal…) j’ai l’impression que je tiens tout ce qui à de plus précieux pour moi dans ma vie. Mais ma tête ne sais pas comment comprendre sa façon de réagir.
(Je n’ai pas voulu dire tout ça ingame parce que je me disais que c’aurait été long et que dans le fond ça n’intéressait pas vraiment les gens qui voulais avancer la game, donc, pour ceux qui veulent bien savoir ce qu’étais l’entraînement de Sai quand il était petit, voilà l’intégral de ce qu’il a dit à Yasmina ce soir la…)
« Les souvenirs les plus lointains que je possède remontent à quand j’avais au moins quatre ans… Un grand livre ouvert, les pages jaunies par l’accumulation des années, la neige recouvrant le jardin, l’odeur forte du saké chaud de mon père, la coupe de thé fumante…Ce ne sont que des images, des odeurs imprimées, figées à jamais dans mon esprit.
Entre quatre et neuf ans, le maître commença à m’instruire. Apprendre à écrire, lire différentes langues, conjuguer…Quel calvaire c’étais pour moi à l’époque! J’étais jeune et plein d’énergie, je n’étais pas capable de rester en place plus de deux minutes sans me plaindre. Tout ce que je voulais c’était me rendre au village, aller jouer avec les autres de mon âge. Pour eux comme pour moi, je n’étais qu’un jeune humain comme les autres. Je m’intégrai très bien. Comment pouvions-nous savoir réellement ce qu’était un elfe, un tengu ou un nain? C’étaient des moments mémorables, précieux. Mon Sifu était très compréhensif, il me laissait faire ce que je voulais, tant que je pouvais lui montrer que je progressais dans mes études. C’est le soir de ma fête de neuf ans que tout ce mis à changer…
Comme toutes les nuits d’hiver, la nuit tombait toujours tôt, et le froid envahissait nombreuses pièces non habitées du temple. Seules les pièces que nous utilisons étaient munies de braseros ou de foyers, pour nous réchauffer. Nous étions dans la pièce principale, et mon cadeau ce soir la fut des vêtements…Un kimono court fait de coton blanchi, des pantalons noirs, une ceinture faite en corde bleu foncée…Je n’avais jamais vu des vêtements aussi étranges…
L’attitude de Xing avait changé quand il me remis mon paquet. Comme si un accord silencieux venait d’être signé entre nous. Je croyais que je venais de faire quelque chose de mal, et donc je lui demandai ce qui n’allait pas. Il me répondit : « Demain, les choses changent. Demain, tu vas sûrement pleurer. Demain, tu vas souffrir. Demain tu te demanderas ce qui ne va pas. Demain, tu commences le chemin de la voie du guerrier. » Et il n’en dit pas plus. Il s'installa sur le bord de la fenêtre avec sa bouteille et sa coupe, signe qu’il était temps que j’aille dormir.
Mon sommeil fut très agité cette nuit-là. Le froid mordant pénétrait mes couvertures, et la flamme du foyer ne semblait pas arriver à le repousser.
Je ne pourrais jamais dire si mon petit corps frêle était prêt, mais je n’avais pas le choix, je devais foncer coûte que coûte…
Avant le chant du coq, Xing est venu me réveiller en claquant ses mains devant mon visage. Il n’avait jamais fait cela avant... Il me dit de m’habiller avec le « dogi » qu’il m’avait fait faire. Je ne comprenais pas encore ce qui se passait. L’ampleur du vêtement fait pour sa légèreté et l’amplitude du mouvement qu’il apporte, son tissu fait pour résister au froid sans pour autant être étouffant dans la chaleur…Bref, un habit adapté pour ceux qui se battent sans armures…
Nous sortîmes, sans avoir déjeuner. D’habitude, nous mangions dès le lever…Le froid était mordant. Ce matin d’hiver était couvert par la nuit, il devait être environs 5 heures. La neige couvrait mes petites bottes de fourrures, et le vent pénétrait sous ma petite cape. Jusque-là, aucun mot n’était sorti de la bouche de Xing. Nous nous sommes rendus jusqu’aux marches de granite qui descendent de la montagne, et qui mènent au sentier du village.
« Jusqu’à ce que je te juge apte, tu réfèrera à moi seulement par le mot « Sifu ». Pas de papa, encore moins de Xing. Descends et remonte ces marche le plus rapidement possible. Va y! »
J’exécutai sur le champ ce qu’il dit. Je me mit à dévaler les marches dans la neige fraîche, le plus rapidement que je le pouvais. Arrivé en bas, je n’étais même pas essoufflé. Je me mis à remonter à la même vitesse que la descente. Je commençais à me réchauffer un peu, à travailler comme ça. Arrivé en haut, j’étais fier de moi. Mais, Xing me dardait d’un regard sévère. « Pas assez vite. Recommence. J'arrêtai net, me retournai, et recommençai. Je commençais à être troublé, mais je tentai de me dépasser. Cette fois, en arrivant en haut, mon cœur battait beaucoup plus vite, et de la sueur perlait de mon front dans le froid glacial.
« Pas assez vite. Recommence. » Il me regarda d’un regard très froid, et me dit « Qu’est ce que tu ne comprends pas dans RECOMMENCE! » Et je dus redescendre…Encore et encore…Après 18 fois, je perdis le compte. Mon cœur frappait ma poitrine, me martelait le crâne…J’avais tellement mal à la gorge, à force d’avaler de l’air froid, et mes yeux faiblissaient… .Après un moment interminable, le soleil commença à éclairer le ciel. Dans le bleu lugubre de l’aube, Xing me dit de m’arrêter. Devant les marches, il me dit « Saute sur place. » Je sautai… .Sautai… .Et sautai… .Jusqu’à ce que je m’effondre au sol. Mes jambes, à un certain point quand je descendais les marches, me faisaient très mal. Mais maintenant, elles étaient tellement engourdies que je ne les sentais même plus. J’avais beau vouloir me relever, dès que mon pied tentait de soulever mon corps, je retombais au sol. Sans pouvoir le contrôler, les larmes coulaient de mes yeux. Je ne comprenais plus rien, j’avais froid, mais mon corps étais chaud, des spasmes me courraient au travers des jambes. Xing me prit dans ses bras, et me ramena dans la maison. Je croyais que cette torture venait de finir…
Ce ne fut que le premier exercice d’une longue série…Pendant des mois, chaque matin, je commençais la journée par cette descente d’escalier. Venaient ensuite des exercices d’échauffements divers, comme lancer des poids, frapper dans des bacs de sables, sauter, faire des pompes, des redressements… Tout ce qui pouvait emmener le corps à la limite de sa résistance, pour la dépasser. Mon Sifu m’attachait à des roches aux poignets, et je devais la faire avancer en balançant moi poing vers l’avant. Chaque jour emmenait son lot de foulures, de plaies ou d’étirements musculaires. Après quatre semaines d’exercices physiques intenses, j’avais toujours droit à une semaine de repos. Je devais m’en servir pour améliorer mes techniques de respiration, de détente. J’étudiais beaucoup en ce temps-là…Je détestais cordialement. Les démons de toutes sortes, je devais les connaître sur le bout des doigts. Des plus grands généraux des enfers jusqu’à la goule insignifiante sortant de sa tombe. J’apprenais comment bien me comporter en société; comme un guerrier se doit de le faire. La droiture était un élément essentiel de l’entraînement. Souvent, des gens sortant clairement de la haute société venaient rendre visite à Xing, je me devais d’être à la hauteur de ce qu’il attendait de moi. Pour ouvrir mon esprit au monde qui m’entourait, au-delà du petit village de bûcheron au bas de la montagne, je lisais beaucoup sur la géographie politique (malgré le fait que je ne me rappelle presque plus rien de cela tellement c’était ennuyant), sur les grandes batailles qui ont marqué le sol de ce monde, les guerres…
C’est à ce moment que j’ai appris les bases de « la tactique », comme mon maître l’appelait. Je trouvais tout relativement ridicule à l’époque… Les déplacements de troupes, des problèmes de ravitaillement de chevaux. L’avantage d‘un terrain sur un autre. Quel ennui, vraiment. Mais plus ça avançait, plus ça devenait solennel, je devenais lentement mais sûrement un disciple du Meikyo Ryu. Jusqu’au rite de passage. J’avais, pendant toute ma jeunesse, entraîné mon corps pour ne faire qu’un avec mon esprit. J’avais étudié pour ouvrir ma pensée au monde qui m’entoure. Était venu le temps d’apprendre des techniques de combats.
C’était la fin de l’après midi, et le vent balayais mon visage de la chaleur du mois de juillet. Nous étions au sommet de la montagne, moi et mon maître. J’avais quinze ans et mon corps était devenu celui d’un homme. L’entraînement quotidien était fini, mais Xing avait encore un dernier exercice à faire avec moi…
Quand il le voulait, mon maître pouvais devenir très solonel…Il se mit en position de combat, et me dit simplement :
Tue moi.
Et il me frappa. Quand j’y pense, je ressent encore la décharge d’énergie qu’il m’affligea, d’un seul coup de paume. Je me relevai vite, et, dans ma frustration d’adolescent, je l’attaquai en retour. Je n’arrivais pas à le toucher. Il évitait toujours mes coups, juste avant que ces dernier ne finissent leurs course…Il me testait. Il me frappa encore, encore et encore. Jusqu’à ce que je sois au sol, incapable de bouger, haletant, en sang et contusionné. Puis il se pencha vers moi et me murmura. « Tu es incapable de me toucher. Ressent la douleur de la défaite. Tu ne grandira jamais si tu ne la ressent pas. L’amertume, le sentiment d’impuissance, la honte… Si tu ne les connais pas, tu ne voudra jamais les dépasser. Maintenant, je sais que demain, tu te relèvera, et tu sera prêt. Je ferai de toi un vrai guerrier. »
Et voilà comment mon entraînement se modifia. Plus de simple exercices pour développer ma force ou ma vitesse. Dorénavant, tout était axé sur le combat. Comment se battre contre une armure. Comment dévier une lance, une épée, une rapière. Comment anticiper le tir d’une flèche, comment s’orienter avec le canon d’une arme à feu pour en éviter le tir. Comment ne pas tomber sous l’emprise d’un démon, comment se battre contre une créature qui utilise ses griffes de 60 centimètres…Puis bien entendu, vint le développement de mon ki, l’énergie qui coule dans chaque être vivant.
Je me suis battu une soixantaine de fois contre des démons de toutes sortes. La majorité du temps mon maître étais à mes côté, mais parfois j’étais seul. Je me rappelle plus ou moins mon premier « vrai » combat seul contre une créature de l’obscur… Sortant de l’ombre, ses pattes griffues lacéraient le sol. Son corps était noir, et son haleine sortait de sa bouche en vague de fumées pestilentielles. Ses yeux d’un mauve perçant me traversaient et me sondaient. Je sentais sa haine et son plaisir de tuer se mélanger pour faire naître en moi la peur incroyable qui me tenait clouée sur place. C’est quand il s’élança que je repris mes esprits. Après tout, ce n’étais qu’une sale bête stupide. Je me mis en position de combat et l’attendis. Il se jeta sur moi, toutes griffes dehors. Je basculai par en arrière, et quand il passa au-dessus de moi, je lui assénai un coup de genoux droit dans ce qui semblait être sa cage thoracique. C’est là que tout devient flou. Je me revois me battre au corps à corps, il me lacéra le dos, et tout fini quand mon coude s’enfonça profondément dans sa nuque, juste au-dessus de la vertèbre qui soutient le poids de la tête. Dans un soubresaut, il mourut. Si tu regarde (enlève son dogi et approche son dos de Yasmina) on peut voir encore ici les trois cicatrices d’une de ses pattes griffue.
Puis mon maître est mort, et j’ai stoppé l’entraînement pendant presque 3 ans…J’y suis remis et je suis partit pour Wateryard…Tu connais ce par quoi je suis passé, chezz les hommes, les combats sur gageures, les bars, la mafia, et les elfes, la soie et l’armure de mercenaire…Pas besoin de remettre ces choses sur la table. Voilà, c’était en gros le résumé de ma vie de moine avant de te rencontrer… »
Est ce que mon maître avait fait pareil avec son premier apprenti? Je ne le saurai jamais… Mais moi je vais recommencer avec un autre petit Tengu, qui se nomme Saï en plus…Je suis excessivement content de le revoir en vie, mais je crois qu’il doit rester avec Réno pour ce soir…Il doivent rescerrer leurs liens. Mais demain je devrai aller prendre le petit…Il devra me suivre si il veut apprendre…J’espère ne pas avoir à confronter Réno.
samedi 13 septembre 2008
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3 commentaires:
Cool j'ai bien aimer ton post j'ai hate que tu vienne parler a Réno =P
C tellement triste qu'il onterprete ses réactions dans ce sens là... ^^; Mais c aussi normal.
J'ai hate de voir la conversation avec Reno. Et SURTOUT, celle avec Yasu!!!! lol
Pauvre petit Sai... C'est vrai que le coeur et la tête on souvent de la difficulté à se suivre quand il est question d'amour, mais je suis sure qu'avec le temps, tout vas s'éclairer.... en espérant que ce sois pour le mieux ;p
Que d'entraînement O_O Mini Sai vas devoir attacher sa tuque parce que ça sera pas de tout repos O_O...
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