Frôler la mort n’est jamais quelque chose de très agréable, surtout quand c’est de la sienne qu’on parle. Être moine c’est un peu comme danser avec la mort. Dans un combat, on doit toujours être en mouvement. Une chorégraphie intuitive ou les jambes, les bras ne s’arrêtent jamais, prenant position pour éviter au corps de subir des dommages. Bouger, se déplacer pour esquiver un coup d’épée, de lance, sauter pour échapper à un sort. Une danse frénétique, sans arrêt, caressant la mort alors que nous devons pénétrer dans la bulle de nos adversaires pour que nos coups soient efficaces. Sentir la mort par la bouche dentelé d’un démon, ou la ressentir quand le métal froid d’une lame embrasse notre peau. Vraiment, ce n’est jamais quelque chose de plaisant.
Je peux dire sans hésiter que j’ai passé près de décéder plusieurs fois. Mais chaque fois, j’étais conscient. Je me disais, si je suis digne de ce combat, je survivrai. Et surtout, j’étais en paix avec mes agissements. Je savais que si je mourais, j’avais vécu ma vie comme je l’avais toujours voulu.
Mais cette fois, avec ces vers, c’est la première fois que j’ai vraiment paniqué. Je n’ai pris conscience du véritable danger qu’ils représentaient que quand Aram est tombé sans connaissance à cause de la douleur. Je me suis dit, oh merde, je vais peut-être mourir. Puis ce fut mon tour. Le dernier mot conscient que je me rappelle au travers de l’élan de douleur fut « idiot ». Heureusement, je me suis réveillé quelques heures plus tard. L’horrible mal de cœur qui m’assaillait, la serviette froide dans mon visage, était un genre de réconfort. J’étais en vie. En plus Yasmina veillait à mon chevet. Est ce que c’est une pure coïncidence que ce soit à cause d’elle que je ne voulais pas mourir? Peut-être…
J’ai dû lui dire. Encore. Il le fallait, sinon je...Non, il n’y a pas de sinon, je ne peux même pas m’imaginer ce que j’aurais pu faire d’autre que de lui dire que je l’aime. Et c’étais reparti…Encore et toujours, l’histoire du sacrifice, de la vie avec elle qui n’a aucun sens…Que je suis stupide de vouloir l’attendre…Et bien quoi? Je serai à ses côtés, quoi qu’il arrive. Mais…Contrairement à d’habitude, elle ne m’a pas complètement ignoré.
Après notre petite conversation, elle m’a demandé d’aller l’attendre ailleurs…C’est dans sa chambre que j’ai vu le ruban que je lui ai redonné…Au moins il est en un seul morceau.
J’ai réalisé…Si j’ai failli mourir, c’est parce que j’ai voulu la protéger; C’est les vers sortis de sa tarte qui m’ont touché. Donc toute cette souffrance en vaut doublement la peine.
C’est étrange…On aurait dit que j’ai changé d’univers pendant la nuit passée. J’ai dû regarder les béquilles de Kimura pour réaliser que ce n’étais pas un délire hallucinatoire dû à la douleur…Non. Lui et mon maître étaient bien là, à moins d’un mètre de moi. Quel genre de personne dérangée peut vouloir faire souffrir une personne autant? J’avais vraiment le goût de crier, de pleurer, de tout détruire autour…Un peu comme quand Yasmina avait disparu en sortant des plaines de lumières. Mais comme mes jambes allaient me lâcher, j’ai été m’asseoir. Je n’étais pas le seul à recevoir un cadeau macabre. Yamaël, tellement sous le choc qu’on aurait dit qu’il ne ressentait rien, Gwen, déstabilisée au point de refuser d’entendre raison, et Réno, qui vivait sa peine un peu de la même manière que moi. Un silence respectueux devant autant de morts, mais bouillant de colère envers cette Mika. À force d’entendre les membres de l’équipe parler, j’ai bien compris que ce ne pouvait être les vrais corps. Kimura avait été broyé. Son corps n’aurait pu être en un seul morceau. Mon maître, décapité et démembré. Pourtant il était exactement comme s’il venait de mourir paisiblement dans son sommeil.
Je sais que c’étaient des répliques. N’empêche que les vieux démons sont quand même ressurgis et donc le mal est fait…Je crois qu’il faut rajouter quelqu’un sur ma liste de personnes dont l’existence doit cesser…
Je ne sais pas encore quoi faire avec les béquilles… Peut-être vais-je aller les enterrer, faire une petite prière pour l’âme des morts. Je n’ai pas vraiment le temps, ni l’énergie pour me morfondre trop longtemps, parce que mon équipe, qui est encore en vie, à besoin que je sois au top niveau. Malgré ce qui me ronge.
Je crois que je vais faire avancer les choses un peu…Je vais aller bouger notre « chef » un peu. Lui proposer des idées, lui donner les renseignements que j’ai emmagasiné sur les ennemis qui peuvent se présenter à nous. Il doit agir en chef. Il faudra être prêt, parce que si nos ennemis, (les vampires, les elfes, et l’autre que nous ne connaissons pas encore), attendent vraiment que l’on accomplissent quelque chose avant de venir nous tuer, et bien il y a de fortes chances que ce soit dès que l’épée de Darkness soit en nos mains, nous aurons alors tout ce que l’on nous a demandé de chercher… Il va falloir être prêt. Il reste à régler le problème des vampires avant tout. On règle ça, on va chercher mon arme, et l’on part dans le royaume des Shinigamis. Mais une chose à la fois, et avec prudence.
Mais avant de partir, les gens doivent s calmer un peu, changer les idées…Gwen va passer quelque temps avec Caïn, Yamaël, s’il comprend ce qui se passe, va aller avec Tristan, et dès que j’aurai fini avec Yasmina, j’irai voir Réno.
Je crois que dans tout le malheur qui est sorti de ce manoir, la promenade en hamster, avec Yasmina en chat noir, à été le petit remontant qu’il fallait. Le fait qu’Aram soit heureux, finalement avec sa femme, me réchauffe un peu le cœur…Au moins l’un d’entre nous est soulagé…
mercredi 13 février 2008
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1 commentaire:
en effet c'était mignon de voir tout le groupe en animaux se promener ensemble, même si je n'ai toujours pas compris pourquoi est-ce que Yasmina t'a pris dans sa gueule, elle aurait très bien pu te laisser à terre
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