(**petite précision, ce n'est pas Saï qui parle ici, mais ca a un lien avec lui**)
La pluie s’était arrêtée depuis près d’une heure. Sous la cime des arbres, la lumière grise du ciel orageux perçait a peine, rendant l’endroit sombre et surnaturel.
Lui courait depuis déjà deux jours, ne s’accordant que quelques minutes de repos quand son corps lui disait qu’il ne pourrait plus avancer. Ses cheveux, normalement soyeux et d’un gris argenté, lui collaient au crâne par la boue et la sueur. Son uniforme, fourmi par la guilde, était complètement détruit, la cape toute déchirée. Ses doigts lui faisaient mal, ses jointures étaient en sang, et tout son corps était tailladé de coupure et morsures diverses. Ça s’annonçait mal pour lui, et il le savait. Lui qui normalement bouillait de l’énergie de sa jeunesse courrait avec toute l’énergie du désespoir, tout ce qu’il pouvait tirer de ses muscles endoloris.
Il n’en pouvait presque plus. Mais il les sentait encore derrière lui, et son orgueil de fin d’adolescence l’empêchait de se résigner à se laisser tuer par ses vampires. De ses mains, il avait déjà abattu 11 de ses poursuivants, et seulement trois d’entre eux le suivait encore…Par contre, il avait perdu la trace du chef depuis bientôt 4 heures, et c’est ça qui l’effrayait le plus.
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Au moment où son attention revenait sur le terrain devant lui, un choc violent sur sa nuque le fit trébucher. Sa vision devint très floue, et il dû lutter très fort pour ne pas sombrer dans l’inconscience. Il sentit…Une masse s'installer sur lui... sûrement un des poursuivants. On prit son bras, et l’assaillant le plaça de façon a lui tordre jusqu’à la limite du coude. Une simple poussée, et son coude serait débarqué. Il ne manquait plus que ça, pensa-t’il a ce moment. Tout ce qu’il espérait, c’est que ses agresseurs ne le vampirisent pas…Mourir ne lui importait plus, mais rejoindre l’obscur, tomber plus bas encore qu’il était tombé, jamais. La douleur de son bras le fit redevenir lucide…Il ouvrit les yeux, pour apercevoir devant lui Osunfel. Exactement ce qu’il craignait. Ce vampire obsédé par la mort du jeune hunter ne trouverait la paix que s’il pourrait le torturer jusqu’à la mort. Ils avaient eu un petit différend dans le passé. Alors que le chasseur travaillait pour la guilde, il avait soutiré des informations d’Osunfel de manière très drastique…en exposant le côté droit du visage du vampire au soleil à répétition. Après cela, Osunfel avec son visage complètement calciné du côté droit, et est devenu fou au point de se calciner lui-même l’autre côté, pour que son visage soit uniforme…Et il comptait rendre l’appareil au chasseur prodige qui lui avait déformé les traits…
-Allons allons, Xing…Tu nous a mené la vie dure tu sais, Dit le vampire, une pointe de sarcasme dans la voix. T’enfuir comme ça, alors que nous te tenions. Ce n’est pas très… « Fair-play » de ta part.
Le chasseur calculait déjà ses chances de s’en sortir. Il avait beau être jeune, il n’avait rien d’un amateur. Il crachait sur la philosophie de son père, mais il gardait précieusement les techniques de combats et de stratégies qu’il avait assimilées. Il devait entrer dans le jeu, sinon il était mort. Faire perdre les pédales aux vampires présents, pour qu’il y ait une simple brèche dans leurs défenses pour lui permettre d’attaquer…
-C’est toi qui me parles de Fair-play, Osun? Tu as massacré plus d’enfants que la peste elle-même, et tu attends que je sois presque mort pour m’achever…Franchement, c’est plutôt lâche, non?
-La ferme Hunter! Le vampire marquait chaque mot d’un mépris total pour le guerrier au sol et son ordre d’illuminés. Si tu n’avais pas été protégé par ce groupe d’idiots qui te servait de bouclier, je t’aurais déjà achevé. Mais maintenant que tu as déserté…Plus rien ne me retient pour…
-Il a quand même fallu que tu m’envoies 37 goules et 14 de tes meilleurs vampires pour me fatiguer avant de m’approcher.
-Et tu ose m’interrompre en plus? » La botte du vampire frappa la joue de Xing. « Bâtard, je t’interdis de me parler si je ne t’en donne pas l’ordre…J’ai appris que tu t’en étais pris à un des plus puissants d’entre nous et que tu as misérablement échoué? Hahahaha…Franchement, quelle pitié tu m’inspires…Tu te rends compte que tu as tué autant de gens qu’un vampire qui tue normalement pendant toute une année? Bravo, je devrais peut-être te faire devenir comme un des nôtres, tu serais excellent…Mais en même temps, je tiens à te faire mourir lentement…Très lentement…
Pendant que le vampire parlait, Xing, lui analysait soigneusement son environnement. Il y avait quatre vampires. Osun, en face de lui, un deuxième sur son dos, qui lui tordait le bras, le troisième a sa droite pointait une épée en direction de son visage, et le dernier se tenait à sa gauche, les bras croisés, absorbé par les paroles de son chef. Quatre vampires à la fois…Et dans son état en plus. Il y avait une solution, le Ura Renge. Le lotus primaire. S’il utilisait cette technique par contre, même a trois portails, il avait une chance de mourir dans l’action. Au mieux, il finirait inconscient, et c’en serait fini de lui, livré aux vampires qu’il n’aurait pas achevés. Mais qu’est ce qu’il avait à perdre?
Dès qu’Osun eut fini son petit discours, Xing regarda le mort vivant droit dans les yeux, et sourit. Il n’entendait plus aussi clairement les voix autour de lui, comme quand quelqu’un parle et que les oreilles sont sous l’eau. Il pouvait sentir le ki revenir en lui, emplir tous ses membres à mesure qu’il enclenchait l’ouverture du premier portail. Une chaleur bienfaisante envahis alors son corps.
Osunfel s’était arrêté…Un changement venait de se produire dans l’atmosphère autour…Quelque chose n’allait pas. Xing lui souriait de façon menaçante…Mais qu’est ce que ce chasseur minable pouvait faire dans cette position?
Deuxième portail ouvert. Les membres de Xing ne lui faisaient plus mal. Il se sentait au mieux de sa forme, et l’énergie continuait d’affluer. Finalement, le troisième portail. L’énergie passait directement de sa tête aux pieds, pour s’enfoncer dans le sol. Il était enraciné à son environnement, il en faisait partie. Ça y était. Ura Renge, technique ultime du Sojyobo no Gouken. Même les vampires, avec leurs réflexes surhumains, ne virent pas Xing défaire la clé appliquée sur son bras et casser le cou de l’agresseur posé sur lui. Il se leva lentement, et inspira profondément. Trois vampires. Trois coups. « Poussière, vous retournerez tous à la poussière, vampires dégénérés… » Il cligna des yeux, et passa à l’attaque. Pour Xing, tout se passait au ralentit…il passa sous la garde du vampire avec son épée, et de côté de sa main, enfonça la pomme d’Adam au point de briser la colonne vertébrale. Il tourna sur lui-même, et envoya son talon sur la cage thoracique du deuxième vampire, au niveau du cœur. Le ki de Xing partit en spirale dans le corps adverse, et la décharge ébranla l’organe vital au point de le sectionner. Il regarda Osunfel droit dans les yeux, et lui dit, en prononçant ses mots soigneusement.
-Tu n’as aucune idée de qui je suis. Tu n’aurais jamais dû me provoquer, ma clémence a ses limites. Tu as fait ta dernière erreur.
Puis il bondit, et au moment où son coude entra en contact avec la tempe brûlée, Xing s’étouffa avec son sang et sombra dans l’inconscience…
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Des…Pleurs…Des pleurs au loin…Ouf…La douleur lui martelait le crâne, et descendait dans ses membres…Xing resta allongé quelques minutes sans ouvrir les yeux. Le vent balayait ses cheveux, lui rafraîchissant le visage. Lentement, il revenait de la noirceur dans laquelle il s’était plongé. Le bras droit avait fini par casser, à cause du stress qu’Ura renge a envoyé â ses muscles déjà endoloris. Mais il était en vie…Pour le moment, et c’étais déjà ça. Il se releva de peine et de misère, et regarda autour de lui. Le soleil, le sol sec, il avait dû rester étendu la pendant au moins deux jours…Les armures vides autour de lui, lui indiqua qu’il avait éliminé tous ses ennemis…Cette journée lâ était très floue dans sa tête. Et il hallucinait en plus…Il entendait des petits cris et des pleurs un peu plus loin… Il s’orienta avec le soleil, et avec la carte qu’il avait, il établit un itinéraire vers le village le plus proche. Il demanderait l’hospitalité, paierait et demanderait à un prêtre de venir le guérir. Il se mit à marcher.
À mesure qu’il avançait pourtant, les pleurs devenaient plus fort. Normalement dans une hallucination le son reste aussi distant…Il décida d’aller jeter un coup d’oeil. Il arriva bientôt à une petite route de terre. , Et de l’autre côté, il y avait un bosquet qui pleurait. Xing se ressaisit. Un bosquet, ça ne pleure pas. Décidément, le manque d’eau, de nourriture et d’énergie le faisait halluciner. Mais il réalisa. Des pleurs d’enfant. Il approcha du bosquet, et de sa main valide, fouilla dans les feuilles, pour en ressortir…Un bébé entouré d’une serviette sale. Mais qu’est ce qu’un bébé faisait couché ici? On l’avait abandonné? Il était tombé? À la minute ou Xing accota l’enfant sur son ventre, soutenant la tête avec son bras, le bambin cessa de pleurer. De ses grands yeux rouges, il observait Xing avec attention. Puis il se mit à rire et taper dans ses mains.
Voir la vie innocente d’un enfant lui faisait du bien. Il n’avait aucun doute, c’étais un Tengu. Les yeux rouges, le petit duvet noir sur la tête, l’enfant ne devait pas avoir plus de quatre mois. Dans le monde sombre qui avait été le sien, ce bébé était comme le soleil qui balaie la nuit. La mort.
Il connaissait bien la mort. Des dizaines d’innocents avaient péri par sa faute. Ses collègues ne cessaient de lui dire qu’il avait bien agi, qu’il fallait en sacrifier quelques uns pour sauver le reste…Lui, il savait qu’il avait failli. Malgré la douleur qui rongeait Xing, le chasseur ne pouvait laisser l’enfant livré à lui-même. Coûte que coûte, il devait supporter son fardeau et aider le petit. Donc, il se mit à boiter vers le village. À sa vitesse, il prendrait bien la journée pour l’atteindre…
Mais c’étais un devoir, un test. Peut-être, pensait-il que Dieu le testait une dernière fois avant de couper les liens définitivement? Emmener l’enfant en sécurité, puis il enlèverait son uniforme, ses croix, sa bible…Pour ne plus jamais y retoucher.
Il n’avait plus le droit de combattre, de tuer. Le sang des innocents sacrifiés lui coulait sur les doigts. Plus jamais de sacrifice.
Plus de combat.
Plus de Meikyo no Kaiden.
La lignée s’arrêterait avec lui.
La marche fut longue et pénible. Sa jambe gauche menaçait de craque à chaque fois qu’il faisait un pas, et son bras droit était étrangement mauve. Mais pour Xing Yung Feng, tout cela n’avait plus d’importance. Sur ses joues coulaient les larmes qu’il avait retenu depuis qu’il avait trois ans, le début de son entraînement. Il se rappelait les paroles de son père : « Aucun attachement. Quel qu’il soit. Les sentiments ne sont que nuisances. Les autres ne doivent être que des avantages ou des faiblesses dans tes calculs pour accomplir tes missions. Garde les premiers près de toi, élimine les autres. Telle est notre voie. Tel doit être la tienne. »
Mais quel genre de stupidité alimentait ces paroles? Cette voie pourrie et pervertie était à l’opposé de celle établie par Meikyo, le grand maître du style de combat. Xing était tombé vers huit ans par accident sur les écrits de Meikyo, et avait fait des préceptes du grand maître les siens. Des préceptes aux antipodes de ceux véhiculés par les moines pratiquant le Meikyo no Kaiden aujourd’hui. La bonté, le respect, la modestie, la bienveillance…Mais quand est venu le temps d’accomplir ses missions pour l’ordre, il devait faire comme si la mort de ses compagnons, les sacrifices des vies mis en appât, ne lui faisait rien du tout…Il allait devenir comme son père, un être froid, qui n’éprouve que haine et mépris envers les autres.
À cause du lavage de cerveau de l’ordre, Xing sacrifia des dizaines de femmes et enfants pour venir a bout d’un seul ennemi. Un seul vampire, qu’il n’avait même pas réussi à vaincre. Ce monstre s’était néanmoins amusé à massacrer tout le monde de façon atroce, par pur plaisir, et avait obligé Xing a y assisté, pour ensuite le laisser partir. Quel être noir il était devenu…Méritais-t’il vraiment de vivre?
Après ces réflexions, son visage devint serein et résolu. Il sauverait l’enfant, et ensuite, mettrait fin à ses jours. Il méritait amplement les souffrances du purgatoire…Il purgerait sa peine. Oui, tel sera la fin de Xing Yung Feng, fils de Lao Feng, Descendant de Meilong Feng.
Le bambin dormait à poing fermé dans ses bras. Étrangement, il ne paraissait pas souffrir du tout, malgré le fait qu’il était sûrement victime de sous alimentation.
Xing arriva enfin aux abords du village. Le soleil se couchait sur la petite clairière où les bûcherons avaient élu domicile. Xing regarda l’enfant et fut pris d’un vertige. Le bébé, de ses yeux rouges, fixait intensément le guerrier. Tellement intensément que pendant quelques secondes, Xing cru que l’enfant pouvait être possédé par quelque Kami de la région.
Peut-être…Peut-être, pensa Xing, que le bébé n’avait pas été déposé là par hasard…Peut-être que ce petit, déposé dans la forêt, s’avérait être un ultime cadeau de Dieu.
Une chance de se racheter.
Le vaisseau de sa propre rédemption.
Oui…Xing venait de recevoir l’illumination de toute une vie. Avant sa mort, il s’efforcerait de donner un cadeau de valeur au monde. Il rachèterait son âme…
Xing passa une semaine au village, le temps qu’un prêtre fut détaché par la guilde pour le guérir et le ramener. Mais Xing n’avait aucune intention de retourner là-bas… C’étais impossible. Il remit donc ses effets et son uniforme au prêtre, et le salua. Ce dernier, intrigué par le berceau au fond de la chambre, demanda qui était cet enfant. Avec demi-sourire, Xing répondit tout naturellement « C’est mon fils ». Le prêtre arqua un sourcil, et béni pour la dernière fois l’ancien hunter et son enfant.
La famille de la mère de Xing avait un temple délabré près d’un village au nord. En tant qu’héritier, il avait l’intention de le réclamer et de le rebâtir. La région était souvent proie aux attaques démoniaques. Xing pourrait s’en occuper en élevant l’enfant.
Et c’est ainsi qu’il tourna la page sur sa vie de hunter au service de Dieu. Il était parti avec comme seul allié la mort, et maintenant, marchait avec l’espoir et la vie. Aux abords de la forêt, il arrêta sa marche, prit l’enfant à deux mains et l’éleva au niveau de son visage. Le bébé regardait Xing d’un regard calme.
-Alors petit. J’espère que tu es prêt à affronter ce qui t’attend. Ce sera difficile. Mais tu apprendras. Tu seras mon élève. Je t’inculquerai les valeurs qui me sont chères, la bienveillance, la sincérité, le courage, le respect, la droiture, le contrôle de soi, et l’honneur. Je ferai de toi un grand guerrier. Tu es mon fils petit Tengu. Ton destin est irrémédiablement lié au mien. Tu seras…mon cadeau pour le monde, un atout contre le mal.
-Dorénavant, tu t’appelleras Saï.
vendredi 22 juin 2007
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4 commentaires:
Faut pas prendre ca au pied de la lettre...j'ai écris ca en m'amusant avec les infos que j'avais sur le Sifu de sai. Si des choses change ingame avec le DM, genre sur la vie de Xing avant cette période, c elle qui a le dernier mot, et ce qu'elle dit a préséance sur ce que j'écris, bien entendu :)Mais jusque la, c comme ca que Xing a rencontré Sai.
J'adore Xing! Bouhahahaha! evil moi. hehe ^^
Pov petit Sai. S'il savait... mais il saura un jour! ^^
moi, je trouve ça génial, un peu d'histoire sur la vie de Sai, si bien sûr le dm n'a rien contre, j'aimerais bien en lire d'autre
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